
On remarque d’abord le corps du clown... un acrobate froissé qui bouge comme un souffle d’air. Il y a tout son monde d’objets, un bazar nostalgique : des planches, des roues, un chandelier, une poêle à frire, des dizaines d’objets bricolés à la main, des petits mécanismes qui s’emboîtent. Un monde improbable, une apologie de l’inutile. (...) quand le clown embarque tout son foutoir sur un diable, c’est pour rapporter d’autres choses, plus énormes, plus absurdes à chaque fois. Dans les “Kunz”, au terme d’un invraisemblable périple, une balle rouge arrive à son but. Une trajectoire nette, au service d’une des créations les plus désaxées de ce début d’année 2004.

Ce n’est pas un show, mais une rêverie, comme un jeu de patience, avec des échappées belles, des scènes burlesques muet. Le clown, ce n’est pas le nez rouge, mais l’art du détail, la chorégraphie du quotidien. Le petit cirque portatif des Kunz ne fait pas s’étrangler de rire mais respire la malice d’une complicité plus profonde avec un univers de doux dingues excentriques.

On s’attend à voir un clown, et on découvre un jongleur. Ou le contraire. Hilarant. Le seigneur de la jongle.
